Cette aventure n’aurait pas pu exister sans Adrien Laxenaire qui nous a quitté en février 2024 pour une dernière traversée. Cette page lui est dédiée, en hommage à ce défricheur des airs qui avait un talent sans pareil pour imaginer des projets de haut vol malgré la maladie qui s’insinuait en lui.
La génèse du projet
Une performance musicale en lévitation sonorisée par les trompes du Faï. Un musicien funambule sur une ligne entre les trompes et la falaise. Voilà en quelques mots le projet développé et présenté avec l’association La montagne qui chante en juin 2023.
L’idée de cette performance est venu de l’hypothèse que l’état émotionnel suscité par chacun des dispositifs mis en jeu – le flux sonore émis par les trompes puis réfléchi par la falaise / le funambule en équilibre dans le vide – pouvait être amplifié en les combinant judicieusement…
Cette idée a donnée lieu à deux résidences d’une semaine en mai et juin 2023. La première était dédiée à la composition musicale et la seconde à l’installation des highline ainsi qu’à la création scénographique du spectacle.

Création affiche: Valérie Tortolero
L’équipe s’est ainsi constituée avec de gauche à droite:
Adrien Laxenaire : Didgeridoo, chant diphonique, guimbarde & flûte harmonique
Ugo Cavalier : Acrobate funambule
Maé Barasz : Tissu aérien
Gaël Fauroux : Rigging & régie son
Jérôme Noirot : Guitare, flûte peule, kalimba & patch Forester sur Max MSP

À la suite des résidences de création du Faï, nous avons poursuivi l’aventure avec la même équipe et proposé un spectacle issu de cette première expérience dans différents festivals mêlant musique et cirque, en septembre 2023 au festival des Nichons Ni froid et en octobre au FISH.


Répétition du spectacle au FISH / Crédits photo Ekinoxe productions – Marie Lachaud
Le spectacle ayant gagné en maturité au cours des différentes représentations. Nous avons redimensionné l’installation en triangulation pour être plus modulable et mieux adapter la scénographie aux différents lieux d’accueil.


Texte de Mathieu Seco
Adrien le Funambule, le musicien,
Le Funambu-sicien!
L’homme au calme olympien.
Sur terre, dans l’eau ou dans les airs,
Tu étais toujours animé d’une gentillesse hors-pair.
Ton départ nous laisse aphone,
On te revoit traverser le ciel sur ton canapé volant.
Entre deux arbres, te saisir de ton éructophone,
Pour nous jouer des morceaux prenants.
On t’a vu manier le DJ-ridou,
Et tout un tas d’instruments d’on ne sait où.
Tu as fait tourner des bois et des têtes,
Comme une boule à facettes,
Tu savais aussi rassembler les âmes sur les bords du lac de Serre-Ponçon,
Tisser du lien, des Spaces net et créer de nouveaux sons.
Tu savais aussi comme personne faire preuve d’humilité,
Laisser les autres s’exprimer en toute liberté.
Qu’ils soient débutants ou artistes confirmés,
Tu savais composer avec le talent et l’authenticité.
Cracheur et jongleur de feu,
Nos yeux ont brillé de ces instants précieux,
Il est grand temps de te dire merci, c’était merveilleux.
Tu étais de ceux qui font bouger les lignes,
Quelles soient hautes, longues, musicales ou enflammées …
Tu resteras dans nos cœurs et dans nos têtes,
Ce Funambusicien qui a fait de nos vies une fête!

« Ainsi parle le sage, le propriétaire, le sédentaire, l’homme qui a acquis des biens et a cru en la stabilité du monde. Il reconnaît que tout est Abel. Tout ce que nous construisons solidement finit par s’user ou par disparaître, tandis que ce qui est fragile, éphémère et faillible, laisse paradoxalement des traces indélébiles dans le monde. La buée des existences passées ne s’évapore pas: elle souffle dans nos vies et nous mène là où ne pensions jamais aller. »
Delphine Horvilleur – Petit traité de consolation































